Résumés des séances

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Résumés des séances

Message par Slyden le Ven 6 Avr - 0:02

PROLOGUE "DANS LE SILLAGE DE LA GUERRE"

  «Non, Anna! On peut pas y retourner! Frère Tancrède a dit de pas revenir! Il la dit! Il la dit!» La voix de P'tit Willi monta dans les aigus presque jusquau hurlement tandis quil tirait sur la manche de la jeune femme. Celle-ci mit un genou à terre et le prit dans ses bras pour le réconforter et pour le calmer. Il était toujours possible que des ennemis rôdent dans les parages. «Chut», murmura-t-elle, en le berçant dans ses bras tandis qu'il sanglotait. Willi n avait que sept ans, pourtant il avait déjà vu plus de malheurs que la plupart des gens n'en voient dans toute leur vie. Comme eux tous. Les six autres enfants, dont les âges s'échelonnaient entre cinq ans pour la petite Lotti et douze ans pour Karl, restèrent immobiles, guettant le moindre signe annonciateur d un problème.
  Anna lui donna un chiffon pour qu'il se mouche et lui essuya les yeux avec 1 ourlet de sa manche. Elle lui adressa son plus beau sourire, le plus rassurant, mais elle savait bien qu'elle n'était guère convaincante et quelle terreur masquait ce sourire. Cependant, c'était elle l'aînée à présent et frère Tancrède lui avait confié la responsabilité des enfants. À seize ans, elle aurait dû commencer à se préoccuper de trouver un mari. Au lieu de cela, elle devait se démener pour tous les garder en vie dans ce monde qui sombrait dans l'horreur.
 «Willi, tu sais que nous n'avons plus beaucoup de nourriture et que nos vêtements ne sont pas assez chauds pour le mauvais temps qui se prépare. Voilà plus d'une journée que nous n'avons rien entendu dans les bois ni dans la direction du village. Nous pouvons probablement y retourner sans risques à présent: nous pourrons y trouver ce qu'il nous faut et nous organiser là-bas. Nous allons probablement y retrouver frère Tancrède et les autres, en train de travailler avec acharnement pour tout remettre en place.» Elle savait bien, d'après le dernier coup d'œiî qu elle avait jeté au village en s'enfuyant, que c'était un mensonge. Mais ils ne connais- saient rien à la chasse et s'ils ne trouvaient pas de provisions, ils allaient mourir de faim. « As - tu confiance en moi, W i l l i ? » Le garçonnet hocha la tête et lui répondit par un faible sourire. «Bien, leur dit-elle en se relevant. À la queue leu leu, tout le monde. Ernst, c'est toi qui as les meilleures oreilles, alors tu marcheras en dernier. Rappelez-vous, c'est comme un jeu de cache- cache. Personne ne doit faire de bruit!»
Le cauchemar avait commencé trois jours auparavant, lorsqu un cavalier leur avait apporté des nouvelles du siège d'Hergig, à l'est. Les armées d'Archaon, au sujet desquelles on avait entendu de vagues rumeurs l'été précédent, avaient déferlé sur l'Empire en répandant la mort et, pire encore, la mutation dans leur sillage. À présent, ce cavalier venait les avertir qu'un détachement d'hommes-bêtes conduit par un guerrier de Slaanesh était sur ses talons, à une journée de marche à peine.
 Leur village, Vorheim, était une colonie fondée par d'anciens soldats. Même frère Tancrède, le prêtre de Sigmar, était un guerrier à la retraite. Les jeunes hommes étaient partis s engager dans l'armée et n'étaient jamais revenus, et seuls restaient pour défendre le village les hommes les plus âgés, les femmes et les enfants. Les villageois se réunirent et décidèrent de se battre, d'essayer de retenir l'ennemi aussi longtemps qu ils le pourraient afin de donner aux enfants une chance de séchapper. Ils chargèrent Anna de conduire les enfants. «Tu es forte et tu as la tête sur les épaules. Les plus jeunes te font confiance et ils t écoutent, lui dit frère Tancrède. Prends ce marteau. C'est ce que j'ai de plus cher, il a été béni par l'Archilecteur de Nuln lui-même. Sois courageuse et que Sigmar te conserve en sa sainte garde.»
 Les ennemis arrivèrent en fin d'après-midi, le jour suivant, au moment du coucher du soleil. Des hommes-bêtes carnassiers, avec des fourrures bigarrées et des yeux pleins de convoitise, accompagnés d'orques ayant juré allégeance au Prince de la Perversité. À leur tête marchait un guerrier vêtu d'une armure grotesque et drapé de cuirs souples et pâles et de soies de couleur pastel. Postéssur le mur denceinte, armés de leurs vieilles armes et d'outils agricoles, les adultes comprirent qu'ils regardaient la mort en face. Le guerrier, il était impossible de dire s'il s'agissait d'une femme ou d'un homme, s adressa aux villageois et les enjoignit de se soumettre à Tordre nouveau, de s'abandonner aux soins attentifs du Seigneur de la Concupiscence. Puis il se mit à leur décrire en détail ce qu'il allait leur taire subir, en les appelant tous par leurs noms, les uns après les autres. Anna se plaqua les mains sur les oreilles lorsqu elle l'entendit prononcer son nom, mais cela ne servit à rien.
  C'était comme si le monstre était entré dans son esprit. L'un des villageois, un chasseur nommé Gerhardt, poussa un rugissement et tira une flèche sur le guerrier. Il le manqua, mais la flèche se planta dans la gorge de son porte-étendard et le tua, ce qui abattit la bannière impie. Enragé par cette insulte, le guerrier lança ses troupes à l'attaque. Les villageois se préparèrent à résister, mais c'était inutile. Une perle de flammes bleues et rosés percuta la porte qui vola en éclats. Tandis que l'ennemi envahissait le village et que le massacre commençait, frère Tancrède courut retrouver
Anna et les enfants qui s étaient cachés dans l'église.
  «Fuyez! Enfuyez-vous maintenant par le tunnel et faites ce que je vous ai dit pour qu'il s'effondre derrière vous. Je tiendrai la porte. Faites vite!» Anna fut la dernière à pénétrer dans la cave et, au moment où elle en refermait la porte derrière elle, elle vit frère Tancrède se faire embrocher sur l'épée du guerrier du Chaos. Tous ces événements s'étaient produits deux jours auparavant et, après quelques alertes au début, ils n avaient plus vu aucun signe de l'ennemi. Pas plus que dexpéditions de secours en provenance du village. Elle savait que le prêtre était mort, mais elle priait toujours pour qu'il y ait quelques survivants et qu'ils puissent la soulager de son fardeau.
  Ils arrivèrent près de l'escarpement d'où ils pourraient bientôt apercevoir Vorheim. Anna se tourna vers sa nichée. «Restez là et laissez- moi aller jeter un coup d'œil, juste pour voir si c'est sans danger. Karl, occupe-toi des autres et garde-les en sécurité. Ne bougez pas d'ici jusquà ce que je revienne.»
 Karl avait l'esprit un peu lent, mais il était grand et fort pour son âge. Ils lécou- teraient. Ensuite, elle se tourna et marcha à travers bois jusquà lendroit d'où elle pourrait avoir une vue sur Vorheim.
 Il ne restait rien.
 Là où, autrefois, s'élevait son foyer, là où avaient vécu ses amis et ses camarades de jeu, il ne restait plus que des ruines fumantes et des cadavres calcinés. Des corbeaux voletaient de ci de là, picorant les cadavres. L'église de Sigmar avait brûlé jusqu'aux fondations et elle aperçut un corps empalé sur un épieu devant ce qu'il en restait. Il n'était plus reconnaissable, mais elle eut la certitude qu'il s'agissait de frère Tancrède. Anéantie par le choc, elle laissa le marteau glisser de sa main et elle sentit les larmes qu'elle avait réprimées pendant des jours lui couler librement sur les joues.
Une heure plus tard, deux peut-être, elle reprit ses esprits et ramassa le marteau. Tournant le dos à son passé, elle retourna à lendroit où se cachaient les enfants en se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir leur dire et ce qu'ils allaient bien pouvoir faire à présent. Pourtant, ils étaient sous sa responsabilité et elle devait les conduire en lieu sûr. Elle se souvint avoir entendu dire que la rivière voisine menait à un affluent de la Talabec. Ils pourraient au moins y trouver de l'eau et du poisson. En la suivant, ils arriveraient à une ville, peut-être même à la grande cité de Talabheim. Pour le reste, elle allait devoir s'en remettre non seulement à la protection de Sigmar, mais également à la compassion de Shallya et à la bonne fortune de Ranald. Anna s arrêta et la pensée de ce qui les attendait fit monter en elle un rire sans joie, accompagné de larmes amères.
 «J'ai toujours dit que je voulais visiter l'Empire, mais pas de cette façon!»


Dernière édition par Slyden le Ven 6 Avr - 0:10, édité 1 fois
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Re: Résumés des séances

Message par Slyden le Ven 6 Avr - 0:03

La situation débute juste après les traumatismes causés par la funeste période tristement nommée "tempête du chaos". Au début de l'année 2522, à la fin de l'hiver, (l'année débute en "février"), les terres du nord de l'empire ont été dévastées par les armées démoniaques d'Archaon. Bien qu'Archaon ai été défait, le leader des hordes du chaos replié dans les monts du milieux représente toujours une menace, tout comme sa horde dispersée dans les forêts, lesquelles sont plus inhospitalières que jamais.

Le Hochland a subit de lourdes pertes tout comme les autres régions du nord (Ostermark, Nordland, Middenland...) 90% de la population tuée, la quasi totalité des villages détruits, les villes dévastées.

Famines, épidémies et bandits profitants de l'affaiblissement de l'empire, ajoutent un peu plus de misère à ceux qui ont survécus.

Vous ,et éventuellement les membres de vos familles qui ont survécu, vous êtes simplement mis en route en quête de nourritures, d'un abris sur pour la nuit, empruntant les routes vers le sud. Petit à petit, vous avez rencontré d'autres survivants et puisant dans le nombre une sécurité que nul lieux ne pouvaient plus vous offrir vous avez pris la route vers Talagaad, la ville portuaire annexée à la grande cité de Talabheim, en quête d'espoirs.
Préservée des destructions de la tempête du chaos, Talabheim, la Cité des Lois, semble être un idéal de paix inaccessible, car l'oeil de la forêt, autre nom de cette cité, protégée de son infranchissable cratère, est connue pour la lourdeur de ses lois, de ses taxes et des difficultés pour s'y rendre, surtout en temps de crise, et surtout lorsqu'on a aucun argent à perdre...

En attendant vous n'êtes pas dans la cité mais en vue de la ville portuaire insalubre et mal famée de Taaglad en compagnie de plusieurs centaines de réfugiés. Vous commencez à voir les tentes de fortunes des bidonvilles à l'extérieur du port. Vous êtes sales, dans des conditions propices a rendre malade le plus coriace des êtres. Vous avez faim. Vous êtes épuisés. Vous n'avez que quelques pièces en poche. Vous ne vous souvenez même plus quand vous avez perdu le reste, a moins qu'on vous l'ai subtilisé. Il va bien falloir trouver quelques choses, un travail, pour que vous et vos proches surviviez même si en tant que réfugié sans le sou vous n'êtes certainement pas le bienvenu dans un port de commerce...

Ainsi commence votre histoire...
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Re: Résumés des séances

Message par Slyden le Ven 6 Avr - 0:06

Brève relation d’un mal inconnu qui sourd à Talagaad

(résumé par Tofusoyeux)

La Haute-Porte de Talabheim, la Cité des Lois, restait close et Rudolf Nierhaus avait dû donner des consignes aux gardes pour nous interdire de la franchir. La redescente vers Talagaad me donnait l’occasion de me remémorer les événements des six derniers jours, depuis notre arrivée ici avec Markus, dont je ressens le conflit intérieur, Lysa, qui semble traverser le monde comme si elle n’en faisait pas partie, Drek Hammer, son protecteur le nain taiseux dont les coups de marteau et les grognements inspirent la crainte, Isabelle et Joannes, discrets jusque là mais qui auront sans doute un rôle à jouer à l’avenir.

Nous sommes arrivés il y a sept jours (mais comme tout paraît si loin maintenant) au port de Talagaad depuis Middenheim, accompagnant une cohorte de réfugiés (dont la tante de Markus Ingrid, son oncle Klaus et leur fille Martha) à la recherche d’un toit, de nourriture et de sécurité. Si la guerre et ses ravages marquaient le nord de l’Empire, nous pensions trouver ici ce que nous cherchions.

Devant l’impossibilité de nous installer en ville, mais seulement à ses abords, nous apprîmes très vite à nous méfier, à nos dépens de plusieurs couronnes d’or, de tous ceux qui croisaient notre route. La misère régnait, l’odeur était infecte, insoutenable et les rues grouillaient d’une population miséreuse. Des corps sans vie pendaient aux potences, de pauvres hères étaient fouettés à mort. Les réfugiés dépassaient en nombre la population de Talagaad et avec eux les rixes étaient permanentes, en particulier entre ces derniers et les dockers Kislevites dont le monopole du travail de déchargement des barges était mis à mal par toute cette main d’oeuvre se vendant pour des miettes de pain. En son auberge, Skully, un halfling de la pire espèce, profitait de la misère mabiante en proposant les services de ses prostituées aux malheureux voulant oublier leur désespoir.

Le fleuve Talabek sépare la basse-ville (les Gredins) de la haute-ville et le Gué du Sorcier joint ces deux quartiers. La haute-ville, sur les contreforts du Talabastion, est elle-même sectorisée : au nord le Petit Kislev, dont l’accès est quasiment interdit aux non kislevites ; au sud le quartier des entrepôts. C’est par la rue principale, véritable frontière virtuelle entre ces deux quartiers, que l’on accède au sentier menant à la Haute-Porte, celle-là même que je redescends en pensant à ces étranges événements.

Avec mes compagnons d’exil, nous voilà recrutés à l’Auberge de l’Anguille, en haute-ville, par Rudolf Nierhaus pour escorter un convoi d’une centaine de réfugiés à Brietblaat. La perspective de gagner quelques couronnes d’or et de participer au repeuplement d’une région jadis prospère nous motive tous. C’est aussi pour nous l’assurance, une fois cette mission accomplie, de pouvoir franchir le cratère et entrer dans Talabheim, nous promet Nierhaus.

Mon esprit vagabonde au rythme de mes pas et revient aussi sur ces premiers signes, qui auraient dû nous mettre la puce à l’oreille : à Talagaad les poissons ne ressemblent plus à des poissons depuis quelques semaines, avec leurs deux têtes ou leurs corps informes ; la Comtesse Electrice, au pouvoir depuis le départ d’Helmut Feuerbach à la guerre, dans le nord, et sa disparition, préparerait “quelque chose”.

Néanmoins, le départ vers Brietblaat est donné le lendemain, il y a six jours maintenant, presqu’une éternité. Les autorités de Talagaad nous avaient donné six chariots chargés de provisions et d’équipement, tirés par deux boeufs. Une centaine de réfugiés, pour moitié venus avec nous de Middenheim et pour moitié originaires de la région de Talabheim, composaient la caravane. Notre destination se situait à trois jours de marche car il fallait contourner le cratère par le nord en raison de l’infestation de gobelins et d’orcs qui avait été relatée aux abords de la route sud.

Est-ce la peine de revenir dans le détail sur ce voyage ? Non, certainement pas. Mais je me souviens encore des premières tensions entre les réfugiés, des vols de victuailles au matin du deuxième jour, de notre délicate négociation avec trois ogres auxquels nous avons dû céder un chariot et trois boeufs avant de repartir plus méfiants que jamais et de la confiance que nous commencions à gagner auprès de nos compagnons d’infortune grâce en partie, j’en suis certain, aux repas que je préparais et faisais partager entre tous. Je me rappelle aussi Markus, pris à part par sa tante Ingrid, pour lui confier un anneau mais aussi des secrets, comme si elle avait pressenti le destin tragique qui allait la frapper avec sa famille quelques heures après.

Et je revois surtout ces pauvres enfants, ces pauvres hommes, atteints par une fièvre étrange,  touchés par l’apparition de tâches au niveau du visage et frappés par une toux tenace. Sur la route, à Grundach, les herbes de la soigneuse Lucinda n’y faisaient rien.

Il me reste enfin le souvenir terrible et douloureux du massacre de la famille de Markus au matin du troisième jour. La jalousie et la convoitise en étaient à l’origine, celles d’un bûcheron de notre caravane, Regimius Janicke, qui voyait d’un mauvais oeil l’arrivée et l’installation d’étrangers sur ses terres. Souvent le malheur engendre plus de malheur et plonge ceux qui n’ont rien vers leurs instincts les plus vils. Nous restâmes, nous, soudés et c’est cette solidarité qui nous permit de retrouver l’arc dérobé mais aussi de confondre l’auteur du vol. Sa vie fut le prix de sa trahison et c’est lui-même qui le choisit…

C’est peu de temps avant d’arriver à destination au soir de ce troisième jour de voyage, à Brietblaat, que Lysa montra les premiers signes du mal qui commence à la ronger à son tour. L’accueil des villageois fut néanmoins chaleureux, nous étions attendus. La dizaine de malades restait confinée à l’extérieur du village mais l’installation des personnes valides put commencer.

Fiers d’avoir rempli notre mission, notre groupe était reparti le matin suivant, il y a maintenant deux jours, vers Talagaad en faisant étape à mi-parcours à Burgendorf où nous apprîmes par l’herboriste que le seul médecin sans doute capable de soigner la fièvre toujours plus intense de Lysa, Widenhoft, se trouvait justement à Talagaad.

Ce fut donc hier que nous rentrâmes à Talagaad. Si le trajet se déroula sans encombre, à l’exception de trois ombres qui inquiétèrent Lysa en traversant la route à une vitesse prodigieuse quelques dizaines de mètres à l’avant de notre convoi, l’image de notre arrivée en ville me frappe encore comme si Throgrimm le Rancunier lui-même me l’avait gravée à coups de marteau. En cinq jours, l’atmosphère était encore plus pesante, lourde, presque malfaisante.

Je revois ces premières maisons du Petit Kislev fermées à double tour, les volets clos. Et sur les bords du Talabek ce petit garçon, Janko, attaqué par quoi ? Des espèces de rats de la taille d’un loup, les yeux rouges. Une dizaine de ces monstruosités se jeta sur nous et sur l’enfant. Avec beaucoup de mal et quelques morsures (y aurait-il un lien entre ces engeances et l’épidémie de fièvre touchant la région ?), nous parvenons à nous en débarrasser et à ramener l’enfant chez les siens. Markus est alors pris à part par une vieille dame kislevite aveugle, Yaga, dont l’autorité sur les membres de sa communauté ne paraît pas discutée. Elle le prévient en le tenant par la main : “Quand tout semblera perdu, il faudra se tourner vers les Soeurs étrangères. Et méfiez-vous des Flagellants.” Un message bien sybillin…

A l’hôpital, dressé dans le quartier des entrepôts de la haute-ville, notre rencontre avec les soeurs Shalléennes nous fait plonger encore plus dans l’horreur des événements de ces derniers jours : de nombreux cadavres sont jetés au bûcher. Les malades qui sont soignés n’ont que peu de temps à vivre encore. Les soeurs sont désespérées et leur prêtresse, Kristiane, en plus de nous soigner, nous confie sa détresse. Fille de Rudolf Nierhaus, elle le soupçonne de l’avoir sauvée d’une mort certaine liée à cette épidémie par des moyens qu’elle ne sait pas nous expliquer.

Ces derniers faits datent d’hier soir.

Alors que nos pas nous font entrer de nouveau dans Talagaad-l’enfiévrée, je repense enfin à ce médecin que nous avons retrouvé assassiné à son bureau, affalé, une étoile métallique fichée dans la nuque. Nous espérions qu’il nous aiderait à trouver l’origine du mal gagnant l’ensemble de la population de la ville. Toutefois, la fouille de son bureau mit à jour quelques éléments que nous devons maintenant approfondir : quels liens entre cette maladie et l’opuscule qu’il tenait entre ses mains “Peste en Tilée en 2202”, ou les passages annotés de sa main sur la tremblote livide : “Non mortelle mais aggravation”, “Dans l’eau, mais pourquoi ?” ?

Et sur son guéridon, à quoi étaient destinés le bol de mixture étiqueté “Echantillon Tabalek”, la poudre argentée marquée “Echantillon près rivière” et le flacon de liquide bleu estampillé “Antidote peut-être” ?

Cette lettre enfin, de la main de Rudolf Niedhaus, à l’adresse de Widenhoft, à qui fait-elle référence ? Les termes ne me quittent pas et reviennent constamment hanter mon esprit : “Mon cher monsieur, Voici l’échantillon dont il est question. N’en soufflez mot à personne, Widenhoft. Je ne saurais trop insister sur ce point : n’en parlez rigoureusement à personne. Ils ont des yeux partout. Faites aussi vite que vous pouvez. Que Taal nous protège, R. Nierhaus”

C’est en repensant à tous ces événements, à tous ces hommes et ces femmes, que nous entrons de nouveau à Talagaad-la-pourrie. Il devenait évident, à la réflexion, que nous devions retourner en ville pour en apprendre davantage sur l’origine de ce mal.
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Re: Résumés des séances

Message par Slyden le Ven 6 Avr - 0:09

(remarque de Weedoug)

J'aimerais rajouter à ces souvenirs, si bien exprimé, deux petites idées, peut-être importantes, qui nous sont venus :
1) Avec notre convoi de refugiées nous avons voyagé pendant trois jours, sans que les pires de nos malades subîmes plus qu'une méchante toux, une fièvre et un peu de tremblote. Tandis qu'ici a Talagad, les pauvres gens tombent malades et meurent dans bien moins de temps.
2) N'est pas étrange que la fiole trouvée chez Widenoft est marque "Antidote" plutôt que "Remédie"…?

Encore un complot des aristos pour maintenir écrasée l'esprit des travailleurs ? Bon, je dois admettre que même eux ne seront pas si bêtes à un tel moment dans l'histoire de l'humanité. Probablement.

(remarque de DJpustule)

Peut être est-ce lié à la présence de skavens à proximité ?
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Re: Résumés des séances

Message par Slyden le Ven 6 Avr - 0:10

Terreur à Talabheim, épisode 2
.
(écrit par Tofusoyeux)

Les événements se précipitent alors. Lorsque nous pénétrons dans les premières rues de Talagaad, nous constatons très vite qu’elles sont désertées. Les hommes du guet se terrent probablement derrière leurs volets, à l’intérieur des casernes, les commerçants ont clos les devantures de leurs échoppes et l’on ne croise plus grand monde dans les rues. Une seule exception à ce repli généralisé, les quais. L’activité y reste présente en dépit de quelques cadavres qui jonchent le sol terreux des venelles du quartier des docks et des flagellants suppliciant quelques malades sur leur passage. A se demander si une telle folie sacrificielle ne les désigne pas eux-mêmes comme malades… Mais c’est une autre histoire.

Sous les yeux d’une foule réunie pour l’occasion, on assiste là, impuissants, à l’exécution d’une famille qui tentait de fuir la ville en rejoignant à la nage une péniche marchande. Les efforts de Markus et Johanes pour les sauver, courageux ou inconscients, n’y peuvent rien.

Markus parvient tout de même à éloigner quelques flagellants grâce à un discours improvisé à l’adresse des curieux présents, apeurés par la présence et la folie de ces illuminés.
Talagaad gémit, Talagaad s’éteint et souffre.

A l’entrepôt transformé en dispensaire, Kristiane, fille de Rudolf, nous présente Soeur Béatrice, ancienne universitaire, à qui nous faisons lire les écrits trouvés chez l’apothicaire. Rien n’y fait, personne ne peut nous aider.

Une intuition nous pousse à tirer de l’arme du crime un maximum de renseignements. Johanès, Drek et Lysa partent de leur côté au Marteau et l’Enclume, chez l’armurier nain le plus réputé de la ville. Sans doute rassuré par la présence de l’un de ses congénères, l’artisan nous apprend que l’arme décrite provient selon toute vraisemblance de ces créatures nommées Skavens, et plus particulièrement des Skavens du clan Eshin. Si Lysa et Johanès ont du mal à croire à cette affirmation (les Nains seraient réputés à se laisser facilement aller à l’exagération), Drek ne semble pas surpris. Les Skavens, il sait que ça existe. De nombreux rapports nains ont fait état d’escarmouches voire de batailles entre les siens et ces hommes-rats.

De notre côté, Markus et moi réussissons à convaincre Kristiane de nous accompagner à la Haute-Porte afin de rencontrer son père qui, nous en sommes certains, a encore des informations à nous fournir. Dans la montée au-dessus de Talabheim, je me remémore que le matin même nous fuyions cet endroit pour sauver nos vies et je ris intérieurement à l’idée que, en cette fin d’après-midi, nous remontons pour la même raison. Le destin est parfois taquin, il a dû être inventé par un Halfling.

L’idée d’associer Kristiane est toutefois la bonne : les portes finissent par s’ouvrir et deux gardent nous conduisent à leur capitaine, Rudolf Nierhaus. Il nous accueille dans une pièce, le visage marqué, montrant des signes de nervosité et d’inquiétude. Une semaine est passée depuis que nous l’avons vu la première fois. Il semble qu’en fait plusieurs années se sont écoulées tant ses traits se sont creusés.
Nous lui présentons la situation, la maladie qui ronge la ville, l’apothicaire qui a été assassiné, les indices trouvés chez lui, les flagellants qui se livrent à des exécutions sommaires et la foule qui devient de plus en plus incontrôlable. Nous implorons son aide, qu’il nous fournisse tous les renseignements possibles, même les plus anodins. Son visage se détend alors et nous livre ceci :
- le médecin Ultvhas Daubler, à Talabheim, peut nous aider à élaborer un antidote
- ce sont des hommes-rats, des Skavens, qui sont à l’origine de ce mal
- un Estalien du nom d’Eladio, vendeur de poissons sur les docks, peut nous aider à rejoindre Talabheim par le franchissement de la Langue du Dragon.

Il fait nuit quand nous ressortons de notre entrevue avec Nierhaus. Sa fille semble troublée, quelque chose la travaille.

Pendant notre entrevue avec Nierhaus, nos trois amis prennent la décision d’inspecter de nouveau la maison de Widenhoft, l’apothicaire assassiné, dans l’espoir de découvrir des indices qui nous auraient échappé le matin même et de retrouver l’arme du crime, preuve de l’implication (et de l’existence ?) des Skavens. A leur arrivée, trois silhouettes s’échappent par l’arrière, bousculant au passage Lysa. Les rattraper est peine perdue. Les découvertes que Johanès, Drek et Lysa font chez Widenhoft les stupéfient : les pièces ont été fouillées, mises sens dessus dessous. Un homme mort gît sur le sol, visiblement coupé à la main. De la mousse s’échappe encore de ses lèvres : il a vraisemblablement été empoisonné, sans doute en se coupant. A-t-il lui aussi tenté de ramasser l’arme en forme d’étoile ? Quelques minutes de recherches minutieuses permettent enfin à nos amis de trouver cette arme mortelle, excessivement tranchante. Même le tissu servant à l’entourer est vite entaillé. Trois potions de soins sont également emportées. Elles nous seront plus tard d’un grand secours.

En ville, près des docks et des entrepôts où Markus et moi ramenons Kristiane, la tension est à son comble. Les flagellants haranguent les rares personnes à errer encore dans les rues. L’un d’entre eux s’immole par le feu. C’est le signe qu’attendaient ses compagnons : un déchaînement de violence à l’endroit des malades ou de ceux présumés tels marque les heures qui suivent. Ceux qui toussent sont sauvagement exécutés, pourchassés. Sans pouvoir intervenir, nous sommes témoins d’un déferlement de folie, d’un torrent de démence exaltée. Nous craignons pour le dispensaire de Kristiane. Et c’est avec difficulté et ruse que nous échappons aux flagellants pour nous retrouver réunis au refuge kislevite dans l’espoir de passer une nuit à l’abri de cette démence meurtrière.

Le sommeil est difficile pour tout le monde. Des lueurs apparaissent dans le Petit Kislev mais on ne sait pas quoi en penser. Au réveil, nous entendons bruire la rumeur de la foule vers la rue principale. Une cohorte de réfugiés, de Talagaad ou d’ailleurs, emprunte le chemin montant vers la Haute Porte, pour fuir les flagellants. L’entrepôt occupé par les adeptes de Shallyah n’est que ruine et cendre, braise encore fumante, jonché de cadavres brûlants. Nulle trace de Kristiane et de Soeur Béatrice.

Markus, décidément tribun de talent, parvient convaincre une cinquantaine de malheureux que la fuite n’est pas une solution et que l’entraide seule peut venir à bout de ces événements. Quelques couronnes d’or distribuées aux familles achèvent de les rassurer. Au même moment des coups de canon retentissent plus haut, de la Haute Porte, et des cris déchirants nous parviennent. La situation est au chaos, les centaines de réfugiés sont déchiquetés par les bouches de feu laissant les témoins marqués au plus profond.

Nous trouvons Eladio, l’Estalien. Malgré l’agitation ambiante il se trouve bien à vendre son poisson. Une discussion pourtant mal embarquée nous permet finalement d’obtenir son aide pour rejoindre Talabheim. Rendez-vous est pris à l’estaminet “La Galoche Tordue” le soir même.

Malgré la tension ambiante, quoique redescendue depuis la veille et la discrétion des flagellants en plein jour, nous profitons de la journée pour reprendre des forces et arpenter les rues de Talagaad. Les commerces sont toujours porte close, des rats font des apparitions furtives.

Le soir venu, Eadio nous attend bien à l’endroit convenu. Mais sa première réaction est de nous braquer avec son arme (se doutait-il à ce moment qu’elle se retournerait contre lui quelques heures plus tard ?) pour s’assurer de nos dispositions à son endroit. La situation lui est expliquée dans les détails ce qui a pour effet de le calmer et de le mettre en confiance. Il nous tend à chacun un sac noir contenant un tablier de la même teinte. “Hâtons-nous !” nous intime-t-il très vite et nous faisons route vers le sud pour grimper ensuite dans l’obscurité profonde d’une nuit sans bruit à distance de Talagaad vers le Tahalbastion. Un rat de forme humanoïde nous suivit-il au cours de cette marche ? Impossible à dire mais nous devions rester discrets.

Au terme d’une fuite de deux heures, l’entrée d’une caverne, probablement creusée par des nains, se présente à nous. Eladio disparaît, happé par cette ouverture. Nous entrons à sa suite. Un dédale de tunnels sans fin est l’occasion pour notre guide de se confier : les Skavens sont bien à l’origine de la maladie. Comment, pourquoi ? ce n’est pas clair. Le clan Eshin est un clan d’assassins. Selon l’estalien, ces humanoïdes ont probablement été instrumentalisés pour agir de la sorte. Si certains Skavens recourent à la magie, ils sont par nature trop stupides pour fomenter un complot ou organiser une telle épidémie. Plus triste, Nierhaus a mis fin à ses jours la veille au soir, c’est-à-dire après notre visite avec Markus. Il avait fait pression pour condamner l’accès des gens de Talagaad vers Talabheim. Autre information qu’il nous délivre : Ultvhas Daubler, le médecin à même de recréer l’antidote, réside dans le quartier des marchés, près de la porte nord.

Pour pénétrer dans Talabheim sans se faire repérer, Eladio nous fera passer pour des tanneurs. Le tablier noir trouve ici la raison de sa présence dans notre sac.

C’est au moment où notre guide nous divulgue toutes ces informations que trois Skavens, presque autant surpris que nous, font irruption dans la salle dans laquelle nous prenions une courte pause. Le combat n’aurait pu être qu’un souvenir fugace si l’estalien n’avait été trahi par son arme à feu qui lui explosa littéralement à la figure. Pauvre homme… Les soins que nous lui prodiguons ne l’empêchent pas de perdre connaissance. Nous voilà perdus, égaré dans ce labyrinthe.

Malgré tout, nous décidons de poursuivre notre chemin vers Talabheim. Mais il devient vite évident que la sortie s’éloigne à mesure que nous avançons.

Comble de malchance, après plusieurs dizaines de minutes de marche, des voix peu rassurantes se font entendre au détour d’un couloir. Avec beaucoup de discrétion, nous parvenons à comprendre qu’il s’agit d’un Norsca (Hermut) accompagné de quatre hommes plus petits, tous manifestement commandés par le plus petit d’entre eux, à tête de fouine, Finch. Ils entourent trois cadavres, probablement un couple et son enfant. Nous déduisons de la conversation que je parviens à surprendre qu’il s’agit de passeurs qui tuent et détroussent les pauvres malchanceux faisant appel à leurs services. Ils évoquent un certain Magnus Aderhold dont nous apprendrons plus tard par Eladio, dans l’un de ses rares moments de conscience, qu’il s’agit du chef des bandits du Suif, un quartier de Talabheim.

Après avoir laissé disparaître ce groupe de malfaiteurs, la curiosité nous pousse à aller inspecter les trois corps. Lysa décide quant à elle, malgré nos avertissements, de suivre le grand Norsca.
Les cadavres sont bien ceux de deux adultes et d’un enfant. A quelques mètres de là, une voix semble provenir d’un tonneau posé contre la paroi. Il s’agit d’un halfling, dénommé Boggie Craquepot, prétendant être un soldat de Talabheim, que nous libérons.

Puis tout s’enchaîne très vite : Lysa réapparaît, affolée, apeurée, suivie par le Norsca et ses acolytes, manifestement bien décidés à nous occire tous. Les armes sont sorties prestement, Boggie se joint à nous. Drek, courageux, bloque le passage pour permettre aux tireurs d’ajuster les ennemis. Mais sa fougue lui joue des tours et dans une tentative peut-être présomptueuse d’achever l’un de ses opposants ou dans sa volonté d’impressionner les combattants, sa hache lui échappe et atterrit loin derrière nos ennemis. Plus de peur que de mal au final : le Norsca est tué ainsi que l’un de ses hommes de main. Malheureusement leur chef et ses deux hommes réussissent à fuir.

Heureuse rencontre que celle de Boggie : en plus de nous apprendre que les bandits que nous venons de neutraliser font partie de la bande des Aderhold dans le Suif et qu’ils comptaient le sacrifier, lui, halfling honorable, en l’honneur de Khaine, ce dieu du Meurtre, de la Haine et de la Destruction, il nous permet de sortir du réseau de cavernes et nous débouchons en deux groupes à Talabheim au petit matin. Mes cinq amis, trop grands pour emprunter certains passages des égouts de la ville, émergent dans le Suif. Nous nous donnons rendez-vous à l’auberge de Trois pommes dans la matinée car je suis Boggie dans les boyaux les plus étroits pour finalement déboucher dans le quartier marchand, à deux pas de l’auberge. J’y suis accueilli par la tenancière, Wanda, une nouvelle halfling, non seulement pour mes talents de cuisinier mais aussi parce que je suis recommandé par mon nouveau compagnon.

Quelques heures plus tard, le reste du groupe me retrouve comme convenu à l’auberge. Je comprends très vite à leur agitation qu’ils ont appris des informations importantes dans le Suif. En effet, dès leur sortie à l’air libre, le groupe est aussitôt repéré par les hommes d’Aderhold, menés par Worlen, le fils de leur chef à tous. Ceux-ci leur proposent d’échanger leur protection (sans laquelle leur vie ne tient qu’à un fil dans le Suif) contre 180 co par tête de pipe ou l’armure de mailles de Drek et une épée à deux mains. C’est cette seconde option qui est retenue par mes amis. Le pacte est scellé et Worlen les accompagne à la Lanterne Noire pour qu’ils puissent bénéficier de soins et se remettre de leur piteux état.

A la Lanterne Noire, Markus et ses compagnons comprennent vite que les Aderhold sont véritablement les maîtres du Suif. Certes la concurrence des Kaltenbach, qui ont fait sécession après l’incendie d’une partie des quartiers sud du Suif dont ils sont responsables, est en train de se durcir et un pacte de non agression entre les deux clans a été scellé mais les Aderhold restent dominants. Worlen Aderhold glisse, de manière sibylline, que si Baldwin Kaltenbach, le doyen de son clan et assassin rusé, et sa fille Elsa venaient à disparaître, ce ne serait pas la pire chose qu’il pourrait arriver aux Aderhold.
Le récit rapporté par mes compagnons de nos aventures souterraines interpelle Worlen : il comprend que les clandestins étaient détroussés et sacrifiés par Finch et sa bande.

Worlen leur apprend enfin, dans la salle commune de l’auberge, que Rudolf Nierhaus trainaît une drôle de réputation, celle de protéger les gens du port.

De retour dans leur chambre de la Lanterne Noire, mes compagnons ont la désagréable surprise de constater que tout leur or a été dérobé, ce dont ils rendent compte à Worlen Aderhold. Celui-ci promet de retrouver les coupables, ce vol étant un affront personnel.

En fin de journée, nous voilà Markus et moi, à nous rendre chez le médecin, Daubler. C’est un homme d’une cinquantaine d’années, une paire de lunettes sur les yeux. La discussion s’engage et après nous être assurés qu’il était digne de confiance, nous lui présentons les travaux de Widenhoft que Markus avait précieusement protégés au cours de notre périple. Daubler confirme que des malades font leur apparition aussi à Talabheim. Selon lui, la maladie a été “potentialisée” depuis son apparition en Tilée il y a 300 ans. Les Skavens ne peuvent être à l’origine de cette maladie, un grand ordonnateur doit orchestrer ces événements en sous-main.
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Message par tofusoyeux le Dim 20 Mai - 21:34

Séance du 28 avril

Je sais qu’ils existent. Nous savons maintenant que les Skavens ne sont pas une invention destinée à faire peur aux enfants ou aux âmes affaiblies. Nous en avons la preuve et des témoins. Ces monstres sont même dotés de pouvoirs inaccessibles au commun. Et ce n’est pas un conte que les halflings narrent au coin de l’âtre, je peux vous l’assurer.
Mais laissez-moi vous relater les événements qui nous ont conduits à la découverte de ces maléfiques hommes-rats.

Récupération à Talabheim et premières informations
Les quatre premiers jours dans la cité nous donnent l’occasion de reprendre des forces et de soigner nos blessures. Lia Lacvert, une prêtresse shaléenne de Bretonnie, née dans la Suif, dépêchée par les Aderhold, puise dans ses pouvoirs et tous nos maux disparaissent.
Dans les rues, l’atmosphère est à la nervosité. Markus, prenant confiance dans ses talents d’orateur et voulant apaiser les esprits, apprend aussi que tout le monde peut ne pas y être sensible. Ce qui lui permet de s’affûter à la course à pied…
Par ailleurs, la maladie semble gagner du terrain sur Lysa qui s’affaiblit encore. De mon côté, ces quelques jours sont l’occasion de renouer avec mon métier de cuisinier. Wanda, que je ne laisse visiblement pas indifférent, me permet de travailler avec elle à l’auberge. Des quelques renseignements que je parviens à glaner à son contact et dans les rues du Suif, la population est apeurée. Cette peur sourd mais elle finit par transpirer.
Et tout a un prix. C’est au cours de cette période que Worlen Aderhold se rappelle au souvenir de mes compagnons (et de moi-même) en nous demandant de remplir notre engagement vis-à-vis des Kaltenbach. Il nous révèle pour cela la localisation de leur quartier général et attend de nous sans doute beaucoup plus que nous ne pouvons donner.
J’apprends par Wanda (et elle me confirme) que les Kaltenbach sont arrivés bien après les Aderhold et qu’ils ont pris sous leur coupe d’anciennes prostituées auparavant contrôlées par les Aderhold. Les Kaltenbach auraient aussi accès à la poudre, contrairement à leurs concurrents dans le Suif, et c’est par ce moyen qu’ils auraient incendié une bonne partie du quartier.
Mais je sais aussi que les Kaltenbach commencent à avoir vent ou à se douter de ce projet. En témoignent l’agression et les avertissements dont je fus victime dans les rues du quartier marchand. Je me demande même si je n’ai pas fait la connaissance de Lisa Kaltenbach elle-même. Mais sans doute trop timide ou impressionnée par mes capacités, elle s’est contentée de m’appuyer une lame sur la gorge, par derrière, avant de me susurrer ses menaces et de disparaître lâchement.

Engagement dans la milice
Au crépuscule du quatrième jour de notre présence à Talabheim, l’appel à la milice est colporté dans toute la ville par des crieurs publics. Nous décidons tous de nous diriger pour nous engager, pensant que ce serait là un moyen efficace de continuer nos investigations sur le mal qui ronge la région. Sur le trajet vers la place du rassemblement des miliciens, nombre de logis sont condamnés, les portes barricadées, gardées par des soldats. On rencontre également de plus en plus de citoyens malades, errant dans les rues, sans doute ceux dont les maisons sont mises en quarantaine. On croirait retourner à Talagaad.
Sur le lieu de conscription, plusieurs files se font concurrence. Sont organisées :
des patrouilles dites “Rondes de Morr” dont l’objectif est de ramasser tous les cadavres jonchant les venelles et artères de Talabheim,
des patrouilles dans les égouts particulièrement adaptées aux personnes de petite taille,
des patrouilles dans la Souricière aux abords des tanneries et des habitations troglodytiques.
A l’unanimité, nous nous décidons tous, y compris pour Drek resté au lit, d’être des Chiots en partance pour la Souricière. Les Chiots, c’est le nom donné aux volontaires.
Quelle ne fut pas de surcroît notre surprise de voir que notre section allait être menée par Boggie Craquepot, ce congénère aussi sûr de lui que sympathique. Mais la joie de retrouver celui qui nous avait aidé à nous échapper des tunnels laisse vite la place à l’inquiétude quant à ses capacités de chef. Il nous révèle en effet que sa précédente section a été décimée par des hommes grimés en hommes rats. Manifestement, il ne croit pas que les Skavens puissent exister, en chair et en os.

Disparition
Notre première ronde doit avoir lieu le lendemain soir. Dans l’attente, après une bonne nuit de sommeil et à l’initiative de Markus, curieux de savoir ce que Daubler a trouvé dans les ouvrages sur la maladie qui se répand dans la région, notre groupe au complet décide de lui rendre visite. Arrivés sur place, une curieuse impression de déjà-vu s’empare de chacun de nous. A croire que les médecins et soigneurs sont à Talabheim des victimes de choix. Une sorte de culture locale...
La maison est fermée mais un bruit provient de l’intérieur des murs. Par la fenêtre, nous voyons apparaître dans la salle d’attente un homme en sang, le garde du corps de Daubler, s’écroulant de douleur. Derrière lui, un autre homme tenant une arbalète en main.
Nous brisons la fenêtre avec pour objectif d'interpeller cet homme qui disparaît sous nos yeux. Markus se blesse sur les éclats de verre. Le garde du corps, dans un dernier râle, nous rassure et nous inquiète à la fois : Daubler, son maître, n’est pas mort mais vient d’être enlevé.
De mon côté, je poursuis l’homme à l’arbalète à l’intérieur de la maison, aidé par mes camarades. D’autre cadavres jonchent le sol de la cuisine. Très vite nous comprenons que les fuyards ont profité d’un tunnel aménagé à partir de la cave pour commettre leur méfait.
Rejoints à ce moment (par quel miracle ?) par un capitaine de la garde de Talabheim, nous le convainquons non sans mal que nous ne sommes pour rien dans les faits qui viennent d’être perpétrés en ce lieu et que nous ne pouvons nous permettre de perdre plus de temps si la vie de Daubler doit être sauvée.

Descente dans les égouts
Pouvions-vous imaginer que la maison du Dr Daubler était reliée par un tunnel au réseau des égouts de Talabheim, véritable cloaque infâme et maléfique ? Les traces d’un groupe de quatre personnes nous précédant n’est qu’un prémisse aux horreurs qui nous attendent plus bas. Quelques coursives latérales ne nous font pas perdre la piste et notre poursuite par le boyau principal s’arrête soudainement dans un cul-de-sac. Johanes fait montre de ses capacités à détecter les passages secrets, bien supérieures, nous le verrons plus loin, à son habileté à l’arc !
Le passage révélé nous emmène alors directement au niveau des écoulements souterrains de Talabheim. Les odeurs deviennent véritablement insupportables. Même les peaux-vertes ne m’ont jamais autant soulevé le coeur. Tout le monde résiste à l’envie de rendre son dernier repas à l’exception de Johanes qui rejette dans un râle incontrôlé le brouet avalé le matin.
Le chemin emprunté par les ravisseurs est évident, le long du flot des égouts. Quelques mètres plus loin, gît un corps, face contre terre. Alors que nous nous rapprochons du cadavre, Johanes bande son arc et projette un trait (préventif, à ses dires !) qui vient se ficher dans le tronc, l’achevant probablement s’il n’était pas déjà trépassé.
C’est à ce moment que surgissent dans notre dos trois hommes. Leurs intentions sont claires : nous faire vivre notre dernière heure. L’étroitesse du passage entre le mur et les égouts nous oblige à nous séparer afin d’assurer notre défense efficacement. A ce jeu, si j’arrive assez facilement à passer de l’autre côté du tunnel pour ajuster mes tirs (qui seront bien plus efficaces que d’autres), ce n’est le cas ni de Drek ni de Johanes qui tombent dans la fange, le premier y perdant son arme, le second se faisant emporter sur quelques mètres. Néanmoins, après quelques minutes d’un combat intense pendant lequel Lysa et Markus ne déméritent pas non plus, deux des hommes finissent par tomber tandis que leur acolyte parvient à emprunter le passage secret par lequel ils ont pénétré dans le boyau. Touché, Johanes est sérieusement blessé.
De mon côté, je pars en avant inspecter le cadavre entrevu plus tôt. Le corps est décharné, aussi pâle qu’un linge de couche. Ses ongles semblent des griffes et ses vêtements des guenilles. Son visage m’est complètement étranger. Son humanité semble même laisser place à des traits d’un autre monde.
Lysa trouve facilement le mécanisme permettant d’actionner le passage secret au moment où surgissent, comme venues du plus profond de l’obscurité environnante, des formes humanoïdes nous évoquant immédiatement les hommes-rats que nous avions combattus sous le Tahalbastion. Un regard alentour montre qu’ils nous encerclent. L’un d’entre eux, tout à sa traîtrise, me touche et me blesse gravement de la bille de sa fronde. La douleur est soudaine, immédiate et surprenante. Je ne réfléchis pas longtemps avant de me précipiter, avec mes compagnons, vers le seul endroit qui me paraisse sûr : le passage secret. Que l’on prend soin de refermer.

Assiégés et assaillis
Un bref couloir nous conduit à l’entrée d’une pièce. C’est ici que sont retranchés les hommes qui nous avaient surpris quelques minutes plus tôt. Ils nous intiment l’ordre de nous rendre. Leur objectif est, selon leurs propres termes, de nous “sacrifier”.
Notre sang ne fait qu’un tour. Si nous pouvions envisager à un moment de nous rendre pour gagner du temps, la perspective que cette reddition signerait notre mort nous met dans une rage telle que nous sortons nos armes et engageons un combat pourtant perdu d’avance.
Le choc est violent, l’affrontement sanglant. Mais nous prenons finalement le dessus malgré les imprécations de nos ennemis que nous entendons crier à un moment “A la gloire du Rat Cornu !” et, juste avant leur dernier souffle, “Nous mourrons pour le Nouvel Ordre”.
L’inspection des cadavres et de la pièce nous réserve là encore des surprises : outre les épées, dagues, haches à deux mains, flasques d’huile, briquets et torches, nous sommes frappés par les tatouages qui recouvrent le torse de nos ennemis : chacun d’entre eux est marqué par un triangle inversé figurés par des os entrelacés. Oui, des os !
Les geôles attenantes à cette salle découvrent un gardien endormi, sans doute soûl, ainsi que deux prisonniers : Daubler et son infirmière qui dorment aussi à poing fermé. Mais c’est de nouveau dans la salle précédente que tout se précipite finalement.
Depuis un couloir caché, nous sommes assaillis par six hommes-rats. Des flèches sont lancées puis une violente détonation trahit la possession d’une arme à feu par ces monstruosités. Heureusement personne n’est atteint.
D’autres skavens apparaissent et l’affrontement de part et d’autre du couloir tourne très nettement à l’avantage des rats. L’huile enflammée par Markus, les flèches tirées par Johanes, la hargne et le déchaînement de Lysa et Drek tout comme ma fronde pourtant précise n’y peuvent rien. Drek tombe sous le nombre et Markus est touché par un violent éclair de magie le laissant pour mort.
Notre dernière heure est arrivée.

Sauvetages
Boggie Craquepot choisit ce moment pour faire son apparition aussi inattendue que salvatrice. En plein combat, alors que nous pensions tous terminer ici nos pauvres existences, la voix de ce halfling désormais familière se fait entendre depuis l’autre passage, celui que nous avions emprunté pour pénétrer l’antre des ravisseurs de Daubler. Bloqué à la porte, il a besoin de moi pour entrer. Je cours libérer le mécanisme et vois alors notre ami flanqué de soldats voler à notre secours. Deux hommes-rats sont tués et le reste de leur troupe prend la fuite.
Le combat a cessé mais il a été meurtrier. En plus des adversaires mis à terre, Markus et Drek semblent particulièrement touchés.
Et c’est avec stupeur, au moment où nous décidons de fouiller les corps des deux Skavens que ceux-ci reprennent vie ! Leur fuite subite, profitant de notre surprise, ne nous empêche pas de remarquer qu’ils portent exactement les mêmes tatouages que ceux des ravisseurs. Pour Boggie, il s’agit simplement de cultistes de Slaanesh !
Après avoir pris soin de récupérer Daubler et son infirmière toujours endormis, nous repartons à la surface avec Boggie et son escouade. En chemin, nous croisons d’autres miliciens, des hommes d’armes et plusieurs nains venus, nous explique Boggie, bloquer les accès par effondrement.

Etonnantes rencontres
De retour chez le médecin, tous épuisés et blessés, Isabelle nous dispense les premiers soins, aidée en cela par Daubler après qu’il a recouvré ses esprits. Ce dernier confie ensuite deux missives à Lysa, lui enjoignant d’en remettre une à la grande prêtresse de Shallyah et l’autre à celle de Myrmidia.
Daubler, manifestement dépassé par ce qui lui est arrivé, confesse avoir sous-estimé la menace à son égard et les risques qu’il prenait et qui ont coûté la vie à nombre de ses employés.
Alors que Lysa est partie s’acquitter de sa mission, la maison de Daubler est envahie par des soldats, des templiers du Loup Blanc, des hommes du guet et même des nains qui s’enfoncent dans les tunnels sous-terrains afin de mettre fin aux activités clandestines qui s’y déroulent. Le commandant du Conseil des Chasseurs, Mannfred Schultz, à la tête de l’armée est présent et prend la peine de nous rendre visite. Son expédition dans les égouts dut être animée : il est lui aussi blessé et se remet péniblement, porté par quelques serviteurs. Il nous donne l’ordre, en tant que haut responsable des volontaires pour la Souricière, de ne divulguer en aucune circonstance l’existence des Skavens. Le pire qui pourrait arriver à Talabhaim, ajoute-t-il avant de nous quitter accompagné par Boggie, serait une agitation populaire ou des incidents liés à la panique de la population.
Quelques heures après, la maison retrouve son calme. Alors que nous devisons gravement avec Daubler dans ses appartements, nous remémorant les événements passés et nous interrogeant sur les liens entre les hommes-rats et les ravisseurs ainsi que sur l’étrange maladie dont semblait souffrir avant sa mort l’homme gisant dans les égouts, deux femmes de haute stature et de port altier nous interrompent. Elles se présentent comme Silke Arendt, Chevalier des Champs Verdoyants, et, en armure lourde, Tyralia.
Il ne fait aucun doute que Daubler les connaît. Silke Arend interpelle le médecin, lui reprochant de ne pas avoir fait appel à elles pour le protéger. “Nous avons ordre de défendre la cité de Talabheim et vous le savez !”
Markus est aussi pris interpelé par ces dames : il est interrogé sur la provenance de sa bague marquée du signe de Myrmidia. Notre compagnon leur apprend qu’il s’agit d’un souvenir légué par sa tante, récemment décédée, et leur détaille les circonstances de sa mort.
Comme si cela ne suffisait pas, de nouveaux coups à la porte se font entendre à cet instant. Deux très jeunes filles apparaissent, introduites par un valet de Daubler. Elles se disent les filles de Rudolf, l’homme qui a dérobé quelques pièces et objets à mes compagnons à leur arrivée à la Lanterne Noire, dans le Suif.
Zena, l’aînée, porte les stigmates récents d’un fouet sous les yeux. Sa soeur, Nora, la plus jeune, montre des traces de brûlure aux endroits découverts de son corps.
Les Aderhold veulent faire payer cher son forfait à Rudolf et elles nous demandent d’intercéder en sa faveur. Depuis la mort de sa femme, Rudolf est lourd de dettes envers les Aderhold et ces derniers escomptaient “initier” Zena en guise de remboursement. La forfaiture de son père a décidé Magnus Aderhold à asservir les deux soeurs. Mais, dans la chambre de ce dernier, Zena a tenté d’empêcher Magnus d’abuser de Nora. Il l’a fouettée mais Zena, faisant montre d’un courage peu commun, s’est emparée d’une lame pour la planter dans la jambe de leur agresseur.
Fuyant, sans secours ni ressources, elles se sont précipitées vers nous, premières personnes auxquelles elles ont songé. Zena et Nora nous demandent d’excuser leur père auprès des Aderhold, ce qui mettrait fin, selon elles, à la dette de leur père.
Et une rumeur de plus en plus tenace bruisse en ville : Magnus Aderhold projette de se venger sur Rudolf en le condamnant à la mendicité jusqu’à la fin de ses jours après l’avoir estropié.
Tyralia, qui n’avait prononcé jusque là aucun mot, nous ordonne, la voix puissante et redoutable, de sauver cet homme. Elle menace de tous les maux de l’Empire l’ensemble des Aderhold pour leurs agissements. Les mots qu’elle emploie sont crus, directs, d’une violence irréelle. Son corps tout entier semble possédé. Elle gronde et tonne après le clan du Suif. Elle jure de s’occuper du “problème” mais Silke arrive à la raisonner en lui rappelant que leur mission première est de protéger Daubler et de le mettre en lieu sûr, pour la sauvegarde de Talabheim.
S’étant calmée, Tyralia ordonne alors à Silke d’emmener les deux soeurs au temple de Myrmidia. Puis elle se tourne vers nous. “Allez sauver cet homme des griffes de ces marchands de chair. Le temple vous en sera redevable.”
S’adressant enfin à Markus : “Quant à vous, jeune homme, je souhaiterais vous retrouver au temple au plus vite. Cette bague mérite une conversation.”
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